lundi 7 septembre 2015

BING!

une fin de semaine à Chicoutimi pour représenter Arprim au Bazar de l’Imprimé et du Nouveau Graphisme du Centre Bang // une halte de 24 heures avec les baleines du fleuve et Pascaline J Knight // des rencontres passionnantes avec d'autres artistes et éditeurs qui travaillent chacun à leur façon sur le livre // 





l'exposition Trente maquettes et plus d’OBV. Les fanzines édités en éditions sont disposés sur une étagère le long du mur. Sur la table, OBV expose (oui, il expose) des livres uniques. Les couvertures sont vierges, sans titres, les couleurs uniformes (dans les variations de gris et de taupe), les textes manuscrits.Ça parle du quotidien, de mails qu'on compte pour savoir combien on en envoie par jour. Surtout, ça dit qu'il n'est pas nécessaire de remplir toutes les pages d'un livre pour le considérer fini, de terminer un projet pour le montrer. Ce qui est installé sur la table, c'est un peu des ébauches de livres à venir, des carnets d'ateliers, des pistes; dans les pages encore blanches, on peut y mettre nos propres histoires ou, comme moi, inventer un concept de livre dans lequel les pages jamais remplies témoigneraient de la fin d'une histoire d'amour avortée. 

L'exposition me renvoie à une question majeure de ma thèse: celle de l'exposition du livre d'artiste. Il y a ceux qui considèrent qu'on ne peut exposer le livre d'artiste sans le dénaturer, parce qu'il est déjà, en lui-même, un espace d'exposition. Il y a aussi les nostalgiques des années 1960 pour qui le livre d'artiste doit être réimprimante, et passé de mains en mains, comme le faisaient les avant-gardes pour  sortir l'art du marché de l'art, de l'oeuvre unique et du paradigme du Beau. Mais les nostalgiques oublient que les avant-gardes ont échoué ; que leurs livres se vendent aujourd'hui très cher ; et qu'en essayant d'Echapper à une institution (celle de l'art), ils en ont rencontré une autre (celle du milieu éditorial). Ce sont tous ces problèmes que je soulève dans mon projet de thèse, de savoir comment la pratique du livre d'artiste peut aujourd'hui, à nouveau, interroger tout autant la place qu'il a dans le monde éditorial que dans le monde artistique. 

Et aussi: comment - la question est liée - exposer le livre. Comment faire en sorte que le visible reste lisible? Que ce qui est «montré», donc destiné à être «regardé», puisse être lu? 


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