dimanche 8 novembre 2015

Réappropriations, Veronika Spierenburg

Veronika Spierenburg, In Order of Pages, Baden : Kodoji Press, 2013
La publication In Order of Pages présente un recueil de pages trouvées dans des livres de la bibliothèque d’art Sitterwerk en Suisse. Pendant ses recherches commencées en 2010, Veronika Spierenburg a scanné plus de 3000 pages correspondant à ses intérêts, dont elle en a ensuite sélectionné 450 dans lesquelles on retrouve de l'histoire de l'art, des expositions de documents, du matériel d'art et des techniques de fabrication. Le livre reproduit ces 450 pages, disposées de manière à conserver leur pagination originelle.








« The point where bodies and architecture, movement and space meet is central aspect of my work – I research these connections with various media, each time from a new perspective. [...]A reduced, geometric language of form is common throughout my work. This exists in a dynamic relationship to the sometimes ‘epic’ research from which the ideas have crystallised. I see these research processes as a starting point and part of the system of work; nonetheless, the work itself should stand alone. »
  Veronika Spierenburg

Pour Georges Didi-Huberman, le montage est une nouvelle forme de collection qui n’est à confondre ni avec « le rangement (qui consiste à mettre ensemble les choses les moins différentes possibles, sous l’autorité d’un principe de raison totalitaire) », ni avec le « bric-à-brac (qui consiste à mettre ensemble les choses les plus différentes possibles, sous la non-autorité de l’arbitraire) ». Il s’agit d’un faisceau de détails hétérogènes et anachroniques, agencés de manière à ce qu’ils tissent des relations dialectiques entre eux, donc d’une structure « qui ne cherche pas à réduire la complexité, mais à la montrer, à l’exposer, à la déplier » dans une logique dialectique. D’ailleurs, selon lui, le montage se présente comme « un art de la mémoire » qui consiste non pas à voir l’histoire comme une suite linéaire d’événements qui enterrerait un « fond insondable », une « racine » ou une « source obscure dont l’histoire tirerait toute son apparence », mais plutôt comme un « réseau de relations », à savoir « une étendue virtuelle qui demande à l’observateur, simplement,  mais il n’y a rien de simple dans la tâche  de multiplier heuristiquement ses points de vue. C’est donc un vaste territoire mouvant, un labyrinthe à ciel ouvert de détours et de seuils » .


Veronika Spierenburg, Ecke, Hoek, Hörn. Zurich, Edition Fink, 2014



Veronika Spierenburg associe ici un travail photographique «Ecke, Hoek, Hörn» et un travail d’écriture «Licht, Licht, Ljus». Les photographies sont des vues des plinthes de la Kunsthaus Glarus en Suisse, du musée Östergötland de Linköping en Suède et du musée Boijmans Van Beuningen de Rotterdam aux Pays-Bas. Le texte reprend quant à lui des termes techniques d’éclairage et de mise en lumière. 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire