jeudi 30 novembre 2017

Couper dans la page, Jérôme Saint-Loubert Bié


Jérôme Saint-Loubert Bié , After Pierre Menard, 1997
Deux exemplaires altérés du livre A handbook to the Guggenheim Museum Collection (NY, 1919)
256 reproductions B&W coupées dans le livre







« Taking the gallery’s name and the exhibition’s theme of the collection, this work makes a connection to the Guggenheim Museum in New York. All of the reproductions in the catalog published in 1959, for the inauguration of Wright’s building, were cut out from the left-hand pages of one copy and from the right-hand pages of a second copy. These two altered catalogs were presented on a table, and the reproductions were hung on the gallery walls in an ascending spiral, in the order of the works’ entry into the collection. The spiral of reproductions went around the work of the other artists in the show.»

Source: http://www.jslb.fr/index2.php?/art/afterlivre/

lundi 20 novembre 2017

Vous arrivez trop tard, Emilie Pitoiset et Jean-Max Colard




Vous arrivez trop tard, cérémonie est une exposition conçue, "écrite" et réalisée par l'artiste Emilie Pitoiset et Jean-Max Colard, avec l'aide de Catherine Robbe-Grillet. Ensemble, ils ont imaginé une fiction de cérémonie, inspirée par le roman La Maison de rendez-vous d'Alain Robbe-Grillet. Les éléments disposés dans cette ancienne église transformée en centre d'art imaginent ou déconstruisent cette cérémonie, laissant au spectateur le soin d'en reconstituer point par point le déroulement.









 




« Mon idée était de caviarder le roman, de lui enlever tous les éléments qui n'étaient pas propres à la cérémonie : j’ai raturé de noir tout ce qui concernait soit les scènes de roman policier, soit les scènes vraiment érotiques, pour ne garder que l'ossature de la cérémonie. La version caviardée du roman d'Alain Robbe-Grillet est exposée sous vitrine dans l’exposition, comme une source, ou une pièce à conviction. On a repris quelques pages de ce caviadage pour faire le livret d’exposition. Cela vous donne, page après page, des indices d'une forme de scénario policier. Il ne s'agissait pas d'écrire la cérémonie, mais plutôt de désécrire le roman d'Alain Robbe-Grillet. C'est dans la désécriture, le caviardage, l'effacement de ces éléments que l'on a pu sortir du roman d'Alain Robbe-Grillet une sorte de fil narratif autour de la cérémonie et de la question de la répétition. »

Source: Jean-Max Colard

jeudi 9 novembre 2017

En référence à la mort, Andreas Serrano


Dans sa série The Morgue (1992), Andres Serrano photographie des corps morts en y cherchant la beauté, « poussant à l’extrême la démarche d’esthétisation qui est l’une des caractéristiques de son travail». La mort esthétisée et pourtant cadrée au plus serrée semble loin, irréelle parce que trop concrête, comme s'il s'agissait de mannequins. Si certains corps perdent totalement l’apparence de la mort, les titres se chargent pourtant de rappeler brutalement la réalité de ces photos. Les détails choisis sont souvent les mains.









Ce qui reste, Claudio Parmiggiani



«Ce qu'on appelle un fantôme n'est pas plus que ceci : une image de mémoire qui a trouvé dans l'air - dans l'athmosphère de la maison, dans l'ombre des pièces, dans la saleté des murs, dans la poussière qui retombe - son porte-empreinte le plus efficace.»
                  Georges Didi-Huberman. Génie du non lieu, p. 113.

Qu'est-ce qu'un fantôme, sinon l'ombre projetée d'un corps qui n'existe plus? Donc la trace laissée par quelque chose qui, depuis, a disparu? Les oeuvres de Claudio Parmiggiani, et surtout la série des Delocazione, travaillent avec cette idée de la trace.  En 1970, l'artiste est invité à participer à l'exposition collective Arte e critica dans la Galleria Civica de Modène. Il décide d'occuper la réserve de la galerie et se met donc à retirer les objets stockés. Il découvre alors les traces que la poussière a dessinées sur les murs, et la présence en négatif qu'elles dessinent. Il décide d'exposer cela, des traces, en les soulignant avec de la fumée. Ce qui apparaît dans cette oeuvre, c'est non seulement la disparition, mais aussi le temps. Temps qui finit par effacer le geste même de l'artiste puisque les installations sont des gestes éphémères, qui disparaissent à leur tour à la fin de l'exposition pour renaître ailleurs.










Sources : Thèse de Yannick Bernede, Artribune.com, paris-art.com