mardi 4 décembre 2018

Parce que, Sophie Calle

Dans Parce que, Sophie Calle raconte la raison qui l’a poussée à appuyer sur le déclencheur de so appareil photo. Puis la photographie se découvre dissimulée dans l’interstice de la reliure à la japonaise. En inversant ainsi le rapport de primauté naturel entre une image et les mots qui l’accompagnent, Sophie Calle soulève une réflexion sur l’influence que peuvent avoir ces derniers sur notre réception de la photographie.





L'exposition reprend la même logique de relation entre le texte et l'image, Cette fois, il faut soulever un tissu brodé du texte pour découvrir la photographie cachée. La manière dont les textes sont encadrés fait du texte une imagem une oeuvre en soi, que l'on commence à regarder, déjà, depuis l'autre bout de la pièce alors qu'on avance vers elle. Un jeu intéressant d'échelle permet également d'entrer dans des rapports plus ou moins intimes avec la photo.






 
LLivre relié à la japonaise
17 x 24 cm, 72 pages
32 photographies

Le pouvoir du livre, Claire Fontaine

Claire Fontaine. Vivre, vaincre. 2009
Éditions Dilecta. 120 pages. 21 x 28 cm. livre broché cousu

Vivre, vaincre est une création du collectif Claire Fontaine, qui tire sa substance d’une cinquantaine de livres dont il retient les quatrièmes de couverture. Claire Fontaine interroge ici le statut du livre en révélant la circulation des discours qui l’environnent : la quatrième de couverture, cumulant signes commerciaux, accroches et argumentaires, en est un symbole.











mardi 6 novembre 2018

DÉfaire L'orDre de la maisOn, Andréa Henter


DÉfaire L'orDre de la maisOn
Andrea Henter
Sérigraphie et laser, 2018
Imprimé pendant une résidence à Imago, Moncton

Je viens de mettre en ligne mon dernier zine, réalisé pendant une résidence à Moncton ce printemps. 









mardi 23 octobre 2018

Les dunes et autres inédits, Shōji Ueda


Shōji Ueda, Chose commune, 2015
Short story by Toshiyuki Horie
Graphic design: Atelier Pentagon
188 pages, 90 duotone and colour plates, 22 cm x 29 cm

« He was known as a ‘sedentary adventurer’, spending much of his life shooting the sand dunes right by his house. But when the Japanese master photographer died, 5,000 unseen pictures came to light. Every one is a stunning surprise, as a breathtaking new book reveals.»

« Shōji Ueda (1913-2000), one of Japanese photography’s most remarkable figures, remained profoundly attached to his birthplace of Tottori, on the Sea of Japan. He was a sedentary adventurer. His keen eye was drawn to everything around him: a map of the world, a wheat field caressed by the wind, a boy in roller skates, the graceful figure of his wife, Norie…When Ueda wasn’t out wandering, he composed still lives of seasonal fruit and incongruous objects, small treasures found here and there.

This publication brings together a great many previously unpublished photographs, in both black and white and colour. For the occasion, Chose Commune has given carte blanche to the writer Toshiyuki Horie (Yukinuma and Its Environs, The Bear And The Paving Stone).»








Source: Chose commune

lundi 8 octobre 2018

Steal this book, Dora Garcia



Le livre de Dora Garcia, exposé pour la première fois lors de la Bienale de Lyon en 2009, incite le visiteur à voler le livre pour se le procurer. Il s'agit bien d'un vol puisque, si l'artiste invite à prendre le livre, les gardiens veillent pour que les livres ne soient pas emportés par les visiteurs. 

L'introduction du livre commence par la contextualisation du vol: 
«Si vous avez ce livre entre les mains, vous vous trouvez probablement dans une exposition, dans une salle consacrée à l’artiste Dora Garcia. Non loin de vous doit se trouver un cartel qui indique que ce livre, ou plutôt une certaine quantité d’exemplaires de celui-ci, constitue bien l’oeuvre exposée. Non loin de vous, également, doit se trouver un gardien, qui de temps à autre jette un coup d’oeil dans votre direction et surveille vos allées et venues. Si vous avez ouvert ce livre et êtes en train de lire ces lignes, vous avez au préalable, également jeté un coup d’oeil en direction de ce gardien et guetté de sa part un signe d’approbation ou d’interdiction. Si vous continuez maintenant à lire, vous ne saurez pas si l’absence de signe explicite en retour de votre interrogation muette signifie son indifférence totale, son consentement tacite, ou s’il est en train de se rapprocher et va vous apostropher dans un instant.»





Batia Suter et l'atlas Mnémosyne



Pendant que je prépare les dernières révision pour ma soutenance de thèse, je tombe sur une analyse du travail del'artiste Batia Suter qui utilise le livre pour former des encyclopédies mouvantes à la manière de l'Atlas Mnémosyne d'Aby Warburg. 

«Depuis la fin des années 1990, Batia Suter collectionne des livres, de seconde main pour la plupart, qu’elle acquière en raison des images qu’elle y trouve, une seule image pouvant justifier l’acquisition d’un ouvrage. De cette manière, l’artiste a constitué — et continue d’édifier — une banque d’images qui est localisée dans les rayons de sa bibliothèque. 
L’ensemble est devenu le matériau de base d’une oeuvre qui consiste pour l’artiste à présenter ces images en leur attribuant de nouvelles modalités d’apparition et en travaillant selon une logique de montage visuel. Cette démarche doit autant à Hans-Peter Feldmann qu’à l’historien de l’art Aby Warburg, dont l’Atlas Mnémosyne conçu entre 1924 et 1929 exerce une influence majeure sur nombre d’artistes actuels. Mais le travail de Batia Suter repose sur une syntaxe qui diffère souvent de la rigueur typologique des Bilder de Hans- Peter Feldmann ou de la méthode combinatoire de ses Voyeur188, de même qu’il ne vise aucun discours historique ou scientifique. « Ce qui pourrait sembler être un inventaire ne convoque pourtant pas d’ordre historique ou de discipline. Les images acquièrent une fonction iconique que révèlent l’exposition et l’agencement », ainsi que l’écrit Camille Pageard à propos de Parallel Encyclopedia. Ce travail est à ce jour le plus conséquent de l’artiste. Mené entre 2004 et 2008, il a pris la forme de plusieurs installations et d’une imposante publication, qui chacune se caractérise par l’association de centaines d’images hétéroclites (historiques, artistiques, scientifiques, techniques) regroupées en fonction de liens thématiques et formels.» [Extrait de la thèse de Jerome Dupeyrat sur le livre d'artiste ]
 


Et je découvre aussi une oeuvre d'elle que je n'avais jamais vue auparavant.




Source : batiasuter.org